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Épisode 6
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L’argent à tout prix ?
Réflexions sur les rapports à l’argent des candidats politiques en démocratie

Big Penguin en recherche de financements

Paris est depuis quelques semaines un vertébré à qui on a déconnecté la tête de ses membres. Ce tétraplégique souffre encore de sa paralysie générale alors même que les fêtes de fin d’année approchent. On s’indigne de toutes parts, se demandant alors si avec 2020 on trouvera le remède à son mal. Moi-même je ne pus me rendre à mes cours, faute de transports, et fut en conséquence contraint de charger mon assistant de la tâche.

Tous les ans, je l’attends, cette nouvelle crise de tétanie : manifester et faire la grève est un mécanisme inhérent à la démocratie puisqu’il fait appel à la liberté d’expression des citoyens, néanmoins son utilisation est aussi propre à la culture politique d’un peuple. Les moyens d’action envisagés, les règles fixées dans un État constituent un guide, un cadre à la vie politique d’une société, mais c’est cette dernière et ses individus avec leur héritage et vécu qui façonnent un système.

En songeant à ces crises d’année en année plus sévères et généralisées, peut-être se demande-t-on aujourd’hui si le système actuel s’essouffle ou si nos élites politiques sont tout bonnement capables de résoudre ces tensions. En effet, c’est bien dans un contexte comme celui-ci, qu’un nouveau candidat tel que Big Penguin peut être propulsé sur l’avant de la scène politique en proposant une alternative qui gagnerait nos cœurs. Toutefois, le risque est de se laisser séduire par ses charmes et son idéologie dans l’air du temps, sans percevoir certains signes qui trahissent la dangerosité de son caractère.

Je souhaiterais démarrer aujourd’hui ce billet par une citation d’un auteur humain que j’admire encore aujourd’hui par la qualité de son écriture ainsi que la pertinence et la finesse de son analyse de la société : il s’agit d’Émile Zola.

« L’argent, l’argent roi, l’argent Dieu, au-dessus du sang, au-dessus des larmes, adoré plus haut que les vains scrupules humains dans l’infini de sa puissance. »

Une bien curieuse invention de l’espèce humaine, l’argent. Plus curieux encore est le culte qu’on lui voue par-dessus les trésors que nous prodigue la nature. Si son rôle initial était de faciliter les échanges commerciaux et ainsi la vie en société, aujourd’hui il a pris une place primordiale dans le quotidien des êtres humains. C’est sa puissance et sa force destructrice sur les valeurs et les mœurs humaines que dénonce Émile Zola dans son formidable ouvrage intitulé « L’argent ».

Ainsi, l’Homme moderne se retrouve dominé par son désir de posséder qui s’est tourné vers l’argent, car détenir de l’argent s’est détenir le pouvoir. Que ne peut-on pas acheter aujourd’hui avec l’argent ?

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Dès lors, en transformant l’Homme, l’argent a métamorphosé la société. On n’achète pas seulement son confort au quotidien mais aussi sa place dans un groupe, dans une communauté politique par exemple. Détenir des fonds financiers c’est être puissant, et c’est ainsi que la loi naturelle du plus fort est devenue pour le monde entier, la loi du plus riche. Finalement, c’est entre ces mains-là que repose notre avenir. Sa place a pris une telle ampleur dans les vies humaines, qu’il n’y a plus qu’un pas vers l’amour de l’argent pour lui-même.

Non sans surprise, l’argent a ainsi trouvé sa place dans l’univers de la politique car il est indispensable pour donner des ailes aux idées : il faut financer des campagnes, du personnel, de la propagande publicitaire, forcer certains au silence… indirectement, le candidat achètera sa place dans un parti, des signatures de soutien, des votes parmi les citoyens, des sièges dans les institutions, pourvu qu’il détienne les fonds nécessaires pour y arriver. La campagne politique est belle et bien une entreprise née de la démocratie.

J’ai dernièrement reçu un message auquel je n’ai pas encore pris le temps de répondre, provenant de Big Penguin, candidat aux élections municipales parisiennes prochaines, que voici :

Monsieur le poulpe,

Je constate que vous êtes très critique vis-à-vis de ma campagne. À plusieurs reprises vous avez exprimé une certaine méfiance envers mes propos politiques. Pourtant j’agis dans l’intérêt de la planète donc de notre survie à tous. Comme moi, vous faites partie des premiers concernés par la crise climatique et l’incapacité des humains à la gérer. Je m’étonne donc de votre scepticisme.

Votre dernière critique portait sur les modes de financements mis en place pour ma campagne politique, à savoir, le fait de recourir à mes sympathisants pour mener ma campagne grâce à des dons. Éclairez-donc votre opposition à cette pratique.

Cdt,

Big Penguin

Voilà une question intéressante que j’ai soumise à mes étudiants lors de leur examen de fin de semestre. Pourquoi la question des financements de campagne nous intéresse-t-elle tant ?

Tout simplement, en premier lieu, parce que la démocratie repose sur notre choix libre et éclairé de nos représentants. Cela implique non seulement d’avoir connaissance du programme politique et des idées propres au candidat, mais aussi des influences externes auxquelles il pourrait être soumis. Cette pression peut ainsi être exercée par une emprise financière sur le candidat, d’où mes réserves vis-à-vis de son choix de financement. Que penser d’une campagne reposant essentiellement sur un système de dons opaques ? Un donateur secret qui financerait la campagne de Big Penguin en grande proportion, pourrait exiger en retour quelques faveurs, voir même influencer la ligne politique de ce dernier une fois qu’il serait au pouvoir.

En second lieu, j’ajouterais qu’il y a toujours quelque chose à apprendre de la façon dont une campagne politique est financée. Fut-ce même très obscur. En effet, la manière dont un candidat politique considère l’argent en dit long sur sa personnalité et son intégrité. Peut-on s’attendre à ce que ses pratiques deviennent transparentes après son élection alors même qu’elles ne l’étaient pas avant ? Quelqu’un qui est prêt à sacrifier ses principes et son éthique pour l’argent, qu’est-ce qui le retiendra lorsqu’il sera au pouvoir ? Comment peut-on alors être sûr qu’il ne sacrifiera pas aussi nos valeurs et acquis lorsqu’il sera élu ?

Peut-être bien que l’objectif de Big Penguin est tout à fait louable et dans notre intérêt à tous. Mais ce que ce Pingouin ne semble pas saisir, c’est que la fin ne justifie pas tous les moyens.

Les fêtes de fin d’année approchent, et avec elles, une histoire inédite de Big Penguin et Anna !

1 réflexion sur “L’argent à tout prix ? Réflexions sur les rapports à l’argent des candidats politiques en démocratie”

  1. Big Penguin

    Question intéressante que tu as pensé à poser à tes étudiants, mais à moi tu n’as jamais répondu ! J’espère que la surprise de nouvel an en retour t’a fait plaisir !

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Cet article a été écrit par

Professeur Poulpi

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